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Spiritualité dans les arts martiaux

Spiritualité dans les arts martiaux :

Il y a aujourd’hui, comme depuis toujours, des acceptions différentes de la spiritualité :

On lui accorde des sens divers et variés.

Dans les religions occidentales, par exemple, on perçoit cette capacité comme étant celle qui permet aux croyants de communier avec des êtres supérieurs, voire comme étant la manifestation de notre âme…

Du côté de la philosophie moderne, la recherche de spiritualité revêt plus l’aspect d’une quête de sens, d’une expérience introspective, de connexions entre soi, sa conscience et le monde qui nous entoure.

Enfin, vous l’aurez compris, cette notion est on ne peut plus ambivalente.

Force est de constater que saisir l’essence de la spiritualité est une tâche on ne peut plus complexe, étant donné que c’est un concept très subjectif.

Néanmoins, quasiment tous les maîtres en arts martiaux partagent une sagesse qu’il est bien difficile de ne pas admirer.

C’est à se demander si, finalement, il n’y a pas une recette qui les conduit tous à un même résultat : la paix intérieure.

A entendre ce terme, on a tous les yeux qui brillent. En effet, cela laisse rêveur. Mais qu’en est-il réellement ?

Si on devait décrire la dimension philosophique des arts martiaux, on commencerait par dire, sans se tromper, qu’elle nous provient essentiellement des régions où les premiers arts du combat ont été théorisés…

C’est-à-dire d’Asie.

On attribue, de fait, aux qualités spirituelles des artistes martiaux plusieurs traits issus du confucianisme, du taoïsme, du bouddhisme, du shintoïsme ou encore, du chamanisme.

Comme l’énonce la fameuse locution latine « Mens sana in corpore sanoun esprit sain dans un corps sain » (Juvénal, le satire latin qui l’a écrit, lui, comptait sur l’aide des dieux pour y parvenir), transformée un peu plus tard par Pierre de Coubertin en « Mens fervida in corpore lacertosoun esprit ardent dans un corps musclé » (Celle-là indique, quant à elle, qu’on est capable de se forger tout seul) ;

 Cela va de soi, on ne peut prétendre à développer son énergie corporelle et son efficacité martiale sans un certain éveil de conscience.

Et l’inverse est tout aussi vrai : il faut un corps en bonne santé pour pouvoir réellement se sentir en confiance.

Les problèmes de santé, la fatigue, les complexes, sont souvent des freins à l’accomplissement de soi.

Maintenant, vous savez que ce n’est pas pour rien que le mot « sainteté » et « santé » se ressemblent !

Mais par delà cette vérité, s’en superpose une autre, un peu plus profonde et beaucoup plus large.

Des milliers de préceptes composent la philosophie délivrée par les arts martiaux ;

Des préceptes que certaines citations ont très bien éclairés.

Interprétons-les ensembles.

« Celui qui s’oppose, se déplace sur sa voie. Celui qui est faible, sa voie est utilisée. » (Lao-tseuTao-te-king) :

Ici est évoqué l’un des mots les plus importants de la philosophie martiale… la voie (« do »).

Elle est considérée comme le chemin vers l’accomplissement spirituel, c’est-à-dire l’ensemble des processus qui mèneront à la paix intérieure.

Lao-Tseu semble traiter de l’importance de suivre ses propres croyances et d’être le fou qui « regarde le doigt quand on lui montre la lune », en d’autres termes, de ne pas croire que les chemins déjà tracés sont les meilleurs.

Et en y regardant de plus près, cette citation pourrait même être une incitation à la diversité.

Dans la vie comme dans les arts martiaux, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise chose, seulement de bonne ou de mauvaise interprétation.

C’est justement les diverses interprétations des enseignements qui ont favorisées l’expansion et la diversité des styles au sein-même des arts martiaux.

« L’échec est la voie du succès; chaque erreur nous apprend quelque chose » (Morihei Ueshiba) :

Comme on l’a légèrement expliqué plus haut, c’est la capacité d’une personne à affronter les échecs et les défaites, à toujours se relever et en retirer des leçons qui fait de lui un artiste martial, et un homme (ou une femme – on est pas sexiste) de succès.

« Ne fais rien d’inutile » (Miyamoto Musashi) :

Voilà là une phrase très intéressante, prononcé par quelqu’un de très intéressant (qui mérite un article entier à lui tout seul).

Elle a plusieurs significations et libre aux gens de l’interpréter selon leur subjectivité. Malgré tout, il y a quand même une grande idée qui en ressort :

C’est l’efficacité.

Encore une fois, l’efficacité est habillée de plusieurs masques :

Parle-t-on d’efficacité au sens de sobriété ou au sens de produire un effet sur quelque chose ?

Qu’on se dise que cette maxime met en lumière l’importance de faire les choses pour produire un effet positif pour soi et de ne pas se prendre la tête avec ce qui n’a pas d’importance, est tout-à-fait juste.

Qu’on se dise que cette phrase cherche également à illustrer que la clé des arts martiaux est la sobriété, est vrai aussi.

Il faut dire qu’avec une citation aussi lourde de sens, on a pas fini de faire le listing de ce qu’elle veut bien vouloir imager.

In fine, après cette petite perspective, on a vite fait de s’apercevoir que la spiritualité est aux arts martiaux ce que l’air est au vent. On ne peut concilier l’un sans l’autre.

http://spirit-combat.com

Article rédigé par Madiane HAMMOUCHE